J’ai toujours aimé flirter avec les limites.

Mais ce soir-là, en ouvrant la porte à Léo, je savais que j’étais sur le point de les franchir pour de bon.

Il était là, debout sur le seuil, les joues légèrement rougies par le froid, son sourire un peu nerveux, une bouteille de vin à la main. Vingt-deux ans, étudiant en droit, et le meilleur ami de mon fils. Une voix encore jeune, mais un regard… troublant. Celui d’un homme qui sait très bien ce qu’il fait, même s’il prétend le contraire.

— “Je ne suis pas trop en avance ?”
— “Non, au contraire. Entre.”

Je l’ai laissé passer, refermant doucement la porte derrière lui. Mon salon baignait dans une lumière tamisée. Quelques bougies, un fond de jazz, une robe noire un peu trop ajustée pour être innocente… Oui, j’avais tout prévu. Tout, sauf peut-être le battement un peu trop rapide de mon cœur.

Il s’est installé sur le canapé, un peu raide. Je voyais ses yeux glisser furtivement sur mes jambes croisées, sur l’échancrure discrète de ma robe. Il faisait semblant de ne pas regarder, mais il regardait. Et ça m’excitait terriblement.

— “Tu veux un verre ?”, ai-je demandé en prenant deux coupes.

Il m’a souri, a hoché la tête. Ses doigts ont frôlé les miens quand je lui ai tendu sa coupe. Frisson. J’ai bu une gorgée, lentement, pour lui laisser le temps d’observer. Et il observait.

— “Tu sais que je n’ai pas vu ton fils depuis une semaine ? Il doit être chez sa copine…”

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Il a souri, un peu gêné.

— “Je sais. Il m’a dit qu’il partait pour le week-end…”

Silence. Un silence lourd, chargé. Nos regards se sont accrochés. L’espace d’un instant, plus rien n’existait autour de nous. J’ai senti ses yeux s’arrêter sur ma bouche. Il avait envie de m’embrasser. Je l’ai deviné. Et j’ai décidé de le laisser faire.

Je me suis penchée vers lui, juste assez pour que mon décolleté se creuse. Il a cligné des yeux. Il essayait de se contrôler, mais le feu montait. Lentement. Inexorablement.

— “Tu es tendu, Léo. Détends-toi. Tu veux que je te masse un peu les épaules ?”

Il a eu un petit rire nerveux.

— “Pourquoi pas…”

Je me suis levée, suis passée derrière lui, et j’ai posé mes mains sur ses épaules. Il était brûlant. Ses muscles se sont tendus sous mes doigts, puis relâchés au fur et à mesure que je les caressais. Il a fermé les yeux. Je me suis penchée, mes lèvres frôlant presque son oreille.

— “Tu sens bon…”

Il a tourné la tête vers moi. Et dans son regard, cette fois, il n’y avait plus d’hésitation. Il a posé sa main sur la mienne. Un geste simple. Mais chargé. J’ai contourné le canapé et me suis installée à côté de lui, tout près. Très près.

Et là, il m’a embrassée.

Son baiser était timide au début, presque maladroit. Puis il s’est intensifié. Il avait faim. Une faim douce, presque respectueuse. Comme s’il avait attendu ce moment depuis des mois. Peut-être que c’était le cas.

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Je l’ai laissé explorer, me découvrir, me goûter. Ses mains tremblaient un peu en caressant mes cuisses, en remontant doucement le long de mes hanches. J’ai guidé ses gestes, avec patience, avec tendresse. J’avais envie de lui apprendre. De lui offrir un moment qu’il n’oublierait jamais.

Quand je l’ai emmené dans ma chambre, il m’a regardée comme si j’étais un rêve. Moi, la femme mûre, indépendante, sûre d’elle. Je l’ai couché sur mes draps, ai défait sa chemise bouton par bouton, embrassant chaque parcelle de peau nue.

Son souffle s’accélérait. Le mien aussi.

Je ne voulais pas de précipitation. Je voulais qu’il se souvienne de chaque geste, chaque frisson, chaque soupir. Mes mains sur lui, ses lèvres sur moi. Il a gémi doucement quand mes doigts ont glissé sous sa ceinture. Il m’a regardée, les yeux pleins de désir, et un peu de tendresse aussi. Ce mélange si rare, si beau.

Nous avons fait l’amour lentement, longtemps. Nos corps se cherchaient, s’apprenaient. Il était à l’écoute, curieux, respectueux. J’étais libre, joueuse, gourmande. Une alchimie inattendue. Une bulle hors du temps.

Et après, dans le silence feutré de la nuit, il s’est endormi contre moi, sa tête posée sur mon épaule. Comme un amant apaisé. Comme un homme comblé.

Je savais que cette histoire n’irait peut-être pas plus loin. Que c’était probablement unique. Mais cette nuit-là, j’ai ressenti quelque chose que je croyais réservé à la jeunesse : l’excitation de l’interdit, le frisson du premier pas, le plaisir pur, simple, vrai.

Et si c’était à refaire, je le referais. Sans hésiter.

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